Jarvis Cocker, interview

D’autres complications vous attendent…

jarvis.jpg

Le deuxième album solo de Jarvis Cocker, l’ancien leader du groupe, Pulp, et parolier de l’album de Charlotte Gainsbourg, est sorti en France le 1er Juin 2009. Further Complications est composé de 11 morceaux enregistrés à Chicago, et a été produit par le fameux, Steve Albani, producteur entre autres des Pixies, Nirvana et PJ Harvey. Un retour très attendu !


Question : Quelques mots sur la mise en boîte de l’album …

Jarvis Cocker : En Janvier dernier, nous sommes partis aux Etats-Unis, à Chicago à l’ Electrical Audio, le studio de Steve Albani, où nous avons enregistré une quinzaine de titres entre le 3 et le 24 Janvier. Le mix a été finalisé fin mars.


Q : Pourquoi Chicago ? Et pourquoi Steve Albani ?

Jarvis Cocker : L’an dernier, en Juillet, nous étions invités au festival Pitchfork à Chicago. Steve Mackey (le bassiste) a proposé qu’on profite de ce déplacement pour enregistrer quelques morceaux avec Steve Albani. C’était une bonne idée à bien des égards - faire tout ce chemin uniquement pour donner un concert était effectivement du gaspillage, ne serait-ce que d’un point de vue écologique.
En outre, j’avais déjà décidé que mon nouvel album, à la différence du précédent, serait davantage le fruit du travail d’un groupe. Alors qu’habituellement j’apportais des titres entièrement écrits, nous les avons cette fois davantage travaillés en répétition et j’ai tenu ensuite à ce que nous puissions les enregistrer tous ensemble en même temps, afin de restituer cet esprit de groupe, tous unis dans la même direction (même si je serais incapable de préciser laquelle). Le studio Electrical Audio de Steve Albani était conçu pour ce genre d’enregistrement.
En plus, il était vraiment bon marché.
Comme les deux chansons enregistrées en Juillet étaient réussies, nous avons décidé de réserver en Janvier pour finir l’album, mais entre temps la livre s’est effondrée par rapport au dollar…


Q : Qui fait quoi sur les chansons qui ont été enregistrées ?

Jarvis Cocker : Je chante et joue sur différents passages. Steve Mackey est le bassiste et Ross Orton, le batteur. Simon Stafford est aux claviers et également choriste. Tim McCall et Martin Craft jouent de la guitare, ce dernier intervenant aussi occasionnellement aux claviers et aux choeurs.
Il en est ainsi sur tous les morceaux, sauf sur “Pilchard”, où je joue de la guitare, tandis que Simon et Martin en ont profité pour se reposer.
Je me suis également mis au synthétiseur sur les titres “Fuckingsong” et “You’re in my Eyes (Discosong)”.
D’autres musiciens sont également venus nous prêter main forte : sur les morceaux “Angela” et “Hold Still”, les choeurs sont interprétés par Daniel Knox. Mary Lattimore joue de la harpe sur les titres “Hold Still” et “You’re in my Eyes (Discosong)”, et les choeurs de “You’re in my Eyes (Discosong)” sont interprétés par Yvonne Gage, Leveeta Renee Robinson et Shawn Roberts.


Q : Jarvis est-il devenu rock ?

Jarvis Cocker : NON ! Mais au cours de la tournée accompagnant la sortie de mon précédent album, j’ai découvert que j’étais capable de faire du rock avec mon groupe et qu’il serait donc idiot de m’en priver… lorsque la situation l’exige.

jarvisbarbu.jpg

Q : Qu’en est-il des autres chansons de l’album ?

Jarvis Cocker : J’ai écrit “Slush” alors que j’étais à bord d’un bateau remontant la côte ouest du Groenland l’an dernier. Je suppose que la neige fondue (’’slush” en anglais) sera l’ultime issue du réchauffement climatique.
“Caucasian Blues” est une tentative de comprendre la douleur d’un homme qui se retrouve en panne d’essence avec une Honda Goldwing.
“I Never Said I Was Deep” (je n’ai jamais dit que j’étais profond) est la phrase que j’aimerais faire graver sur ma pierre tombale. Quant à l’extrêmement bruyant, “Homewrecker!”, on peut entendre Steve Mackay (vous savez, celui qui a joué sur l’album, Fun House, des Stooges) au saxohone.


Q : Et pour finir ; c’est quoi cette barbe ??

Jarvis Cocker : Je l’ai faite pousser pour protéger mon visage du froid lorsque j’étais dans l’Arctique et je m’y suis en quelque sorte attaché. D’abord horrifié par la proportion de poils gris, je les envisage désormais comme un rappel utile de ma propre mortalité.

Lisez la chronique de Further Complications en cliquant ici.

jarviscover.jpg
Further Complications
(Because Music) , sortie : Juin 2009