Ghislain Poirier

Publié le 10 mai 2010 par Zikaddict

Running High


Ninja Tune/Pias
Sortie : Avril 2010

Il y a tout juste un an, Ghislain Poirier nous avait déjà bouché un coin avec son EP, Soca Sound System . Aujourd’hui, il finit le travail avec la double galette, Running High ; soit 24 titres multi-vitaminés qui font monter la pression artérielle et surchauffer l’Ipod. Le DJ ne fait pas que «courir haut», il vole largement au-dessus du lot. 

Ahhh Montréal ! Ses habitants accueillants, sa poutine bourrative et hypercalorique, et sa scène électronique dynamique et éclectique…
Le DJ/producteur/remixeur, Ghislain Poirier, représente à lui tout seul toutes les facettes de cette ville en cuisinant depuis plusieurs années une électro consistante, chaleureuse, turbulente et infusée d’une multitude de styles : du hip-hop au dancehall, en passant par la soca, le ragga, la techno, le big beat, etc.
Or si le DJ nous avait déjà livré une belle cargaison de bons sons, cette année, la récolte s’avère carrément exceptionnelle ! Compilant trois EPs, le nouveau fruit du Poirier montréalais, Running High, est un double album dense et varié de techno-soca exlosive et de basse tropicale moite ; un melting-pot de vibes venues aussi bien des clubs douteux de Grenade que des lounge ultra-hot canadiens, des spots underground londoniens et des cafés branchés d’Amsterdam. .. En clair, ça remue, ça fume et ça fait beaucoup transpirer.
Le premier disque affiche 12 titres «chauds-bouillants» dopés par les vocaux d’un assortiment d’invités «exotiques» triés sur le volet, comme son fidèle collaborateur, T-Face, le roi de la soca Trinidadienne, Mr. Slaughter, le vétéran du dancehall, Burro Banton, le MC de Chicago via Panama, MC Zulu, et le reggae-man britannique, YT.
En vrac, on citera le kick ragga/dancehall caribéen du titre d’ouverture, “Wha-la-la-leng” (feat. T-Face), le rap sombre et nébuleux de MC Zulu  sur le morceau, “Gyal Secret Pictures”, ou encore le bouillonnant, “Warehouse”, mixant dancehall et techno pour créer, au final, un genre de «rasta rave» hallucinant.  
Le deuxième disque consiste quant à lui en grande partie en des remixes des titres du premier disque, reformatés par des artistes tous azimuts.
Entre le remix de “Can’t Stop My Flow”, où Mikey Dangerous rappe sur les mêmes beats que Zulu sur le disque précédent, celui de “90’s Backyard” revu par le «punkster» de l’électro Suisse, Wildlife!, et “Bang Bang”, où le MC londonien Warrior Queen crache son flow hip-hop acerbe ; vos oreilles en auront pour leur argent… et c’est peu dire.
Acouphènes garantis sur facture !